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Juillet
Concours façades fleuries

Lundi 07/08 au vendredi 11/08
Stages pour enfants

Vendredi 25/08
Concours d'affiches

Samedi 26/08
Vernissage de l'exposition artistique

Samedi 26/08 et dimanche 27/08
Exposition artistique

Dimanche 27/08
321e tour Saint-Barthélemy

Dimanche 27/08 au dimanche 10/09
Exposition "Environnement et histoire"

Pour les activités déjà prévues les mois suivants, voir éventuellement sous l'onglet "Agenda" en page d'accueil
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Try-au-Chêne 1608-2008
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    Témoignages

    Roger Mambour, garde-champêtre

    Depuis la réorganisation de la nouvelle police, des Bousvaliens souhaitaient que l'on interroge Roger Mambour, ancien policier de Bousval, appelé champêtre à l'époque. Comment cela se passait-il dans le village de Bousval à l'époque ? Il nous raconte sa vie de « champêtre » « dans le temps ». Roger Mambour nous reçoit dans son salon et nous parle de sa vie de champêtre à Bousval de 1959 à 1979. Il est intarissable et nous l’écoutons pendant deux heures passionnantes sans épuiser le sujet.
    Première question : comment devient-on champêtre ?
    C'est le cheminement de sa vie qui l'aura conduit à cette vocation. Dans sa jeunesse, Roger vivait dans l’épicerie « Chez Cléricy » située en face de l’église ; son père en avait hérité de son beau-frère peu avant la Première Guerre

    .

    A partir de 1936, Roger fait son service militaire chez les gardes-frontière (béret bleu avec un insigne en forme de roue). C’était un bataillon d'élite, une sorte de commando. Lors de cette période troublée de l’avant-guerre, il est rappelé quatre fois. Son bataillon était en première ligne entre la ville de Liège et le canal Albert, le long de la frontière.

    A l’aube du 10 mai 1940,  la Belgique subit l'invasion allemande. Ce jour-là, Roger Mambour a beaucoup de chance ; il échappe à la violence de la première offensive qui fait de nombreuses victimes parmi ses compagnons du bataillon. Il rejoint Wavre à vélo et décide de passer par Bousval pour voir ses parents. Dans le village, pratiquement toute la population est partie sur les routes de l'exil. II ne trouve que des soldats français bivouaquant dans les environs de la place Communale.
    Tout à coup, un avion allemand survole la place et largue une bombe qui tombe sur sa maison. Dans le salon, Roger est projeté contre un mur par la déflagration. Il se ressaisit, réalisant sa chance d’être encore en vie ; sa maison est complètement démolie mais il est sain et sauf ! Il décide à son tour de partir vers le sud rejoindre le reste des troupes belges.
    II roule à vélo vers le midi de la France (sans pompe et surtout sans avoir crevé une seule fois !). Arrivé aux environs de Pont-Saint-Esprit, il est incorporé dans un régiment français. Là, il apprend la capitulation de la France.
    Roger et un autre soldat belge décident de retourner en Belgique, à Bousval, à pied car les officiers français ont réquisitionné leurs vélos. Après une heure de marche, coup de chance : une voiture militaire belge remonte vers le nord, occupée par son seul chauffeur. Elle devait conduire des officiers belges à une négociation avec les autorités allemandes mais elle était tombée en panne et les réparations avaient pris la journée et la soirée. Le chauffeur peut dès lors les embarquer tous les deux.
    Dans le nord, ils prennent un train pour Bruxelles d’où son copain continue vers Liège. Il ne recevra jamais de ses nouvelles bien qu’il lui ait donné son adresse ... Roger prend le tram jusqu'à Maransart et rejoint ensuite Bousval à pied par le pavillon de Bal.
    Entretemps, ses parents sont aussi revenus à Bousval ; ils ont déjà entamé la reconstruction de leur maison sous la direction de l'architecte Léon Jaumotte et avec l'entreprise Léon Catelain.
    A l'initiative de l'architecte et profitant d'une opportunité intéressante, des tuiles vertes sont utilisées pour le toit, ce qui rend cette maison - encore de nos jours *– un peu particulière.
    Après la fin de la guerre, en 1945, l’administration communale a besoin d'aide pour  la distribution des timbres du rationnement. Roger Mambour avait l'expérience de la gestion et des timbres de fidélité du magasin.
    Il est engagé pour gérer cette tâche. Là, il réalise qu’un métier au service de la population pourrait lui plaire.
    Par exemple, il s'efforce de minimiser la longueur des files d'attente, il arrive tôt le matin afin de servir les premiers arrivés pour éviter la formation de files inutiles. Ensuite, il reprend le magasin de son père, passé entretemps sous l'enseigne « Bien-être ». 
    Victor Borremans, le champêtre de l'époque, sera bientôt à la pension. Roger passe les examens pour la réserve de recrutement. Il est nommé sans aucun problème car son passé d'ancien combattant lui donne la priorité. La journée du champêtre commence vers 8 h 30 à la maison communale. Après avoir reçu le courrier des mains du maïeur Georges Gossiaux ou du secrétaire communal Joseph Ghislain, il entame sa tournée.
    Pas de gros problèmes à cette époque, juste des conflits de voisinage ! Par exemple, si l’un se plaint des dégâts causés par les bêtes du voisin, Roger demande une estimation des dommages. dont il réclame la contrepartie au responsable ; très souvent, celui-ci paie sans discuter et on arrive rarement au tribunal.
    C'est le dialogue qui est son arme principale. Pour résoudre des problèmes de couple, violents parfois, il écoute les deux parties et essaie de recoller les pots cassés. Bien sûr, Roger s’occupe aussi de régler la circulation comme lors des processions.
    Le conseil communal se passe sans aucun incident, jamais de manifestants à évacuer ! Par ailleurs, Roger est passé maître dans les exercices de tir grâce à son calme et son sang-froid. L'entraînement a lieu six fois par an à Nivelles et un concours est organisé une fois par an au Tir national à Bruxelles Il y est classé 5e sur cent candidats.
    Parmi les anecdotes, citons cette « aventure » qu’entraîna le problème des chardons qui envenime les relations entre voisins. Le règlement de la police rurale est impératif : tout propriétaire doit les couper avant qu'ils ne fleurissent et que les semences ne se répandent chez les voisins.
    L’un d’entre eux se montre récalcitrant ; après plusieurs PV et avertissements, Roger n'obtient pas satisfaction. Il décide alors de les pulvériser lui-même ! Voilà que le propriétaire est mis au courant et que, par pure malveillance, il entame une procédure auprès des autorités de tutelle ! Roger reçoit un blâme du Gouverneur pour excès de conciliation !
    Au début, il circule à vélo ; il achète ensuite un vélomoteur à Court-Saint-Etienne. A son retour, Roger, très prudent, traverse à pied la chaussée provinciale à Mérivaux. Il est injurié par un passant : « Vos astè trop vi » (Vous êtes trop vieux).
    Quelques semaines plus tard, quelle n’est pas sa surprise de devoir établir le PV d'un accident au carrefour du centre de Bousval pour le même énergumène !
    Quelque temps après, c'est au volant d’une Citroën 2CV bleu clair que le champêtre sillonnera  les routes de Bousval.
    A la fusion des communes, Roger intègre l’équipe des quatre ( !) policiers du grand Genappe. Il s'arrête à 62 ans après 20 années de service. Pour Roger, ces 20 ans ont passé bien vite : maximum 4 ans dans sa tête !
    Dans un village, on est de garde 24 heures sur 24. On pouvait "toquer" à la porte à toute heure du jour et de la nuit.
    Ce sera le mot de la fin. Pour Roger, Bousval était une commune modèle, sans problème. Pour rien au monde, il ne quittera son village. Il n'a retenu de sa carrière que les bons moments, les conflits sont vite oubliés.


    Source : P.Olbrechts Le Bousvalien 09/2005


    Roger Mambour est décédé en 2014.


    * Jusqu’en 2014, année de la rénovation de la maison par Maximilien Vermeiren, son nouveau propriétaire


    Gisèle Renders

    Depuis quelque temps, nous souhaitons consacrer une rubrique aux souvenirs du passé. Les anciens les évoquent avec la nostalgie des moments heureux ou la mémoire de terribles événements ; ils ont tant de choses à nous apprendre, à nous transmettre, particulièrement aux enfants, aux jeunes et à la génération des jeunes parents actuels.
    Ils peuvent nous instruire sur le mode de vie qu’ils ont connu.
    Maintenant comme avant, vivre à Bousval (ou ailleurs), y habiter, c’est à la fois se loger, travailler, se déplacer, acheter et se distraire.
    Nous allons nous pencher sur la vie pendant la guerre 40-45.
    Notre témoin d’aujourd’hui est Gisèle Renders qui connaît le village comme sa poche et qui en sait beaucoup d’anecdotes.


    Gisèle est née en 1937, elle a donc 3 ans au début de la guerre. Elle répond ainsi aux cinq questions posées.

    Se loger : Gisèle habite avec sa mère et sa soeur au n° 59 de la rue du Château. Son père est prisonnier de guerre en Allemagne. Les relations de voisinage sont très chaleureuses avec une voisine âgée qui lui tient lieu de Bonne-Maman et qu’elle appelle affectueusement Bobonne.
    Les meilleurs souvenirs que Gisèle a gardés de cette époque sont ceux de Bobonne, de sa sagesse et de tout ce temps qu’elle consacrait à sa soeur et à elle-même.

    Mobilité : à cette époque, tous les déplacements dans le village se font à pied. Dès l’âge de 6-7 ans, chaque matin, avant l’école, Gisèle doit aller chercher du lait à la ferme de La Baillerie. La route n’est bien sûr pas encore asphaltée, elle est recouverte de pavés « tête de moine », des pavés de blanc de marne, assez irréguliers, qui rendent la marche inconfortable.

    De retour à la maison, Gisèle part à l’école par le sentier qui traverse l’actuel RAVeL et rejoint la grand-route jusqu’à l’école communale. En été, elle fait le trajet deux fois par jour car elle rentre dîner à la maison. Elle fera ce même trajet pendant 7 ans, en sécurité, car les autos sont très rares ; la piste cyclable, elle, a été réalisée juste avant 1940.

    A l’école : les instituteurs se nomment Madame Masquelain, Monsieur Hauchart et Monsieur Deltour. Gisèle se souvient de Madame Masquelain comme d’une institutrice sévère mais juste. Une anecdote lui a laissé un souvenir qui la choque encore et on la comprend : à midi, les élèves reçoivent un bol de soupe. Jacques Verloot renverse malencontreusement son bol. Croyant que Gisèle est responsable de cet accident, Madame Masquelain la punit en l’obligeant à lécher la soupe sur la table.

    Elle garde aussi en mémoire la vilaine brûlure causée par la buse du poêle à charbon sur laquelle Joseph Lemmens l’avait poussée.

    Elle se rappelle Monsieur Hauchart – un très bon enseignant, nous dit-elle – et les promenades qu’il organisait dans le village pour de vivantes leçons d’histoire et de géographie locales.Plus tard – et Gisèle en garde le souvenir très vif – c’est Monsieur Deltour qui assurera cette transmission des connaissances, en lien avec le village.

    Quel souvenir aussi, l’accordéon de Monsieur Deltour ! Plus tard, pour aller à l’école secondaire à Court-Saint- Etienne, Gisèle se déplacera à vélo.

    Après la guerre, son père travaillant aux Usines Henricot, prendra d’abord le train à l’arrêt de Basse- Laloux et, à partir de 1953, il prendra le bus.

    Les neveux de leurs voisines venaient de Bruxelles au moins une fois par mois. Ils arrivaient en tram et descendaient à la gare de Maransart d’où ils venaient à pied par le pavillon de Bal et le fond du Sclage. Ils rentraient à Bruxelles par le même trajet mais chargés de provisions pour la semaine.

    Les achats : la plupart des achats se font dans le village sachant qu’un grand potager et un verger fournissent les légumes, les pommes de terre pour la réserve d’hiver et des fruits. La viande est achetée à la boucherie en face de l’église ; pour les achats alimentaires comme le café, l’huile, etc., les villageois se rendent chez Coop, un magasin qui se trouvait à l’emplacement de l’actuel café O’Pélerins. Le pain s’achète chez le boulanger Stuykens- Léonard, les articles de mercerie, chez le tailleur (vitrine à côté de l’école Sainte-Marie) et la petite quincaillerie, chez Mambourg, juste en face de l’église. Pour d’autres achats, on se déplace à Genappe.

    Gisèle se souvient aussi de son voisin qui tenait près de chez elle le magasin Lido, un commerçant courageux qui livrait ses légumes en brouette pour utiliser ensuite une charrette tirée par un cheval et enfin une camionnette.

    Les bons moments : rentrée de l’école, Gisèle dépose son cartable sur les marches de la maison et se dépêche d’aller se faire « gâter » et cajoler par sa Bobonne, doux souvenir s’il en est. Gisèle réalise qu’elle a été très protégée par sa mère et par sa Bobonne car, en cette période de guerre, elles ne lui parlent jamais des mauvaises nouvelles ; les sujets abordés sont ceux du quotidien.


    Plus tard, à l’âge de 12-14 ans, Gisèle connaîtra de bons moments en organisant des promenades pour les trois filles Balon (Françoise, Nicole et Bernadette) soit vers la sablonnière rue de la Croix, soit vers le Ry d’Hez. A cette époque, on se promène dans son environnement proche et le sentiment de sécurité est quasi total tant la circulation est faible et la criminalité absente.

    Les mauvais moments : Gisèle se remémore la panique due aux bombardements. A l’école, deux sirènes différentes « grinçaient » ; c’est par ce mot que Gisèle exprime l’effet produit sur elle par un son qui signalait l’imminence d’un danger mortel. L’une des sirènes annonçait un bombardement très rapproché et on se plaquait au sol en-dessous des bancs ; lorsque c’était l’autre sirène qui donnait l’alerte, on savait qu’on avait plus de temps, on remontait le sentier vers la ferme Vermeiren pour aller jusqu’à la route derrière le cimetière et se coucher à plat ventre dans les fossés (à gauche, les filles et à droite, les garçons). Durant la nuit, aux premiers bourdonnements, toute la famille se réfugiait dans un abri-cave sous la maison ; elle y accueillait aussi des voisins, Elie et Laure Libotte et leurs trois enfants, dont un bébé de deux mois, et Jules et Yvonne Degraux et leur fille Andrée ; Yvonne fut garde-barrière du passage à niveau de Bousval.


    Le bombardement de la gare d’Ottignies en juin 1944 est le souvenir le plus terrible évoqué par Gisèle. La famille s’était réfugiée dans des tranchées creusées en zigzag dans le jardin. Il faisait clair comme en plein jour à cause des explosions. Probablement en réaction à la terreur ressentie, Gisèle fit une réaction violente, elle eut un accès de faiblesse et elle souffrit d’une furonculose (42 furoncles !) sur le bas du corps. Le docteur Dethier, le seul médecin du village, lui administra la première piqûre de pénicilline donnée à Bousval.

    Source : P.Olbrechts et M. R. Petitjean Le Bousvalien 05/2015


    Jacques Beelen

    En 2011, me promenant à Villers-la-Ville lors d'un circuit organisé par le Syndicat d'Initiative de l'entité, j'ai rencontré Jacques Beelen. Ce vaillant marcheur, bon pied,> bon oeil, fut hébergé à l'âge de 12 ans chez Mademoiselle Tamines au château de Bousval.
    Voici ce qu'il m'a raconté concernant ce bref épisode de sa vie.
    Le château de Bierbais (Hévillers) fut donné à l'Etat belge par une dame américaine à condition d'y héberger des enfants orphelins de guerre. C'est ainsi que Jacques Beelen, dont le père est décédé à la guerre, fut placé à Bierbais. Il se souvient très bien des demoiselles, toutes célibataires, qui s'occupaient des enfants. L'une d'elles fut Mademoiselle Tamines. Lorsqu'elle dut prendre sa retraite, elle acheta le château de Bousval et continua ses activités pour les enfants. Elle y accueillit aussi ceux de Bierbais qui ne pouvaient y rester durant les vacances scolaires.
    Jacques Beelen se souvient de son séjour au château de Bousval. Il se rappelle parfaitement la chapelle, les étangs et deux terrasses tapissées d'orpin en fleurs durant l'été. Il possédait une carte postale du château datant des années 50 mais il l'a cédée à Freddy Léonard. Après quelques années, Mademoiselle Tamines a revendu le château pour habiter Nivelles où elle est décédée.

    Source : C. Wibo Le Bousvalien 01/2014


    Hélène Denis-Léonard (28.08.1876 - 09.01.1964)

    Camille Léonard, la petite-fille d'Hélène Denis-Léonard, est une Bousvalienne de souche, très attachée à son village. Elle est très conservatrice et a donc classé et gardé précieusement le courrier de sa grand-mère, Hélène.

    Celle-ci vivait rue du Château. Elle a eu trois enfants: Jules, boulanger, Georges, instituteur et Marthe, institutrice. Hélène et Marthe entretenaient une correspondance régulière, échangeant chaque semaine des lettres de quatre pages à la belle écriture fine à l'encre bleue. Camille nous a confié une de ces lettres datant du 12 août 1939 et adressée par Hélène à sa fille Marthe nommée dans une école à Gand. La mobilité ne faisait pas peur aux décideurs à cette époque.

    Dans cette lettre de 1939, la maman exprime son souci pour les yeux de sa fille. Elle voudrait lui communiquer l'horaire de consultation d'un médecin à Bruxelles; elle connait son nom, elle sait que la clinique se trouve rue des Cendres près du "Bon marché", mais comment se renseigner. Il ne faut pas songer à aller deux fois à Bruxelles en train car les trajets sont coûteux. Elle lui dit aussi, elle qui est très croyante, qu'elle prévoit d'aller à Louvain pour prier Saint Joseph et le père Damien pour sa guérison. Elle parle de la visite prochaine de sa soeur Maria qui viendra chez elle de Tangissart, à pied bien entendu (non par plaisir comme maintenant, mais par besoin) et par les sentiers.
    Ensuite, Hélène écrit en détails les récoltes de son jardin. C'était une année à groseilles rouges : "j'en ai cueilli autant pour demain et on ne voit pas beaucoup que j'en ai cueilli tellement les plantes sont chargées de fruits". Elle a fait beaucoup de confitures. "Par contre les maquereaux sont rongés des chenilles. Ils sont presque tout dépouillés".

    Nous sommes en 1939, l'armée est déjà sur pied de paix renforcé. Hélène parle de son fils Georges, militaire conscrit. Il a une permission le dimanche de 8 h 30 à 21 h 30. Il est fatigué et il dort tout l'après-midi. Il est prévu qu'il ne reviendra plus avant 15 jours "si cela ne change plus". Elle évoque aussi sa petite fille : "Mimi se plaît dans sa chaise et dort deux heures pour toute la journée".
    Elle continue sa lettre avec des nouvelles de ses bêtes pour qui elle a "fait faner l'herbe qui sera à point". Elle parle des fruits du verger : pommes, poires, noisettes, reines-claudes... Elle pose aussi des questions à sa fille pour savoir si elle a été bien payée pour un travail "à servir des cornets". Elle pense aussi à la fatigue de sa fille qui doit faire des conserves. Mais surtout, elle termine en lui rappelant à nouveau de soigner ses yeux : "ne fixe pas trop quand tu regardes, ne force surtout pas". Ces derniers mots : "Un bon baiser de tous, M.(maman)", montre bien le caractère affectueux de son courrier.


    A notre époque, qui écrit encore des lettres manuscrites à ses enfants ? Les SMS, les courriels ne laisseront pas de traces des préoccupations des générations de 2013. Et que dire des contenus, précieux pour les destinataires, qui évoquent la simplicité du quotidien et qui témoignent tant d'attentions à une époque où les communications étaient rares en fonction des distances? Le jardin et l'élevage étaient les centres d'intérêt ainsi que la constitution de réserves alimentaires (confitures et conserves) pour l'hiver suivant.

    Source : P. Olbrechts Le Bousvalien 06/2013


    Philippe Pierre

    Des Bousvaliens de tous âges nous ont suggéré d’entamer une chronique de témoignages d'anciens du village. Nous commençons par Philippe Pierre, né en 1946, fils du premier pharmacien de Bousval. Il y a habité jusqu'au début des années 1970.

    La place publique est souvent le théâtre des événements, petits et grands, de la vie d’un village. C’est ce fil conducteur que nous avons choisi pour évoquer des souvenirs de notre jeunesse à Bousval dans les années cinquante et soixante.

    A tout seigneur, tout honneur. Nous débuterons ce bond dans le passé par les deux grosses personnalités qui ont marqué cette tranche de l’histoire de Bousval. Il s’agit de Freddy Baillien et de Georges Gossiaux. Le 17 juillet 1960, l’enfant du pays, Freddy Baillien, célébra sa première messe à Bousval. Pour fêter l’événement, les autorités communales, conduites par le bourgmestre Georges Gossiaux, avaient tenu à rassembler les habitants sur la place Communale. Ce fut un grand moment suivi par une foule nombreuse. Des personnes de tous bords et de toutes convictions. Il faut dire que Freddy Baillien était un homme hors du commun. Aussi à l’aise avec les notables du coin qu’avec les gens du peuple. Un prêtre sans oeillères qui n’hésitait pas à assister aux funérailles civiles par sympathie pour la famille du défunt. Cet anticonformisme le caractérisa durant toute sa vie. Ainsi, lors de ses cinquante ans de prêtrise en 2010, c’est en wallon qu’il célébra la messe de la Saint- Barthélemy. Ainsi encore, en guise de préparation au mariage, il nous envoya, ma future épouse et moimême, nettoyer une maison mise à sac par son occupant dans une crise de colère…

    Très attaché au patrimoine local, Freddy Baillien multiplia les initiatives pour sauvegarder nos traditions. C’est ainsi, notamment, qu’il fut l’un des fondateurs des Amis de Bousval qui jouèrent par la suite un rôle essentiel dans le tissage des liens entre les habitants du centre et des différents hameaux. Jusqu’au bout – il décéda en 2011 à 77 ans – Freddy Baillien conserva son esprit frondeur, teinté d’autodérision. « Je suis encore vicaire, disait-il, mais également enfant de choeur, sacristain et… rustine ».

    Georges Gossiaux, lui aussi, porta les Amis de Bousval sur les fonts baptismaux. Tombé dans la marmite bleue dès l’enfance, il fut mandataire politique pendant 54 ans. Comme bourgmestre, il présida aux destinées de Bousval de 1958 à 1976. On lui doit entre autres les routes reliant Bousval, le Sclage, La Motte et Pallandt, la restauration de bâtiments communaux (église, écoles, presbytère…) ainsi que la construction d’un hall sportif qui porte son nom. Les anciens ont encore en mémoire la lutte épique qui l’opposait à chaque élection à son éternel adversaire politique, le social-chrétien Georges Devillers.

    Professeur de mécanique à l’école technique provinciale de Court-Saint-Etienne, Georges Gossiaux était un passionné de courses automobiles. Il participait à des rallyes au volant de sa Peugeot. Il organisa même des courses de côte dans les bois de La Motte ; ces épreuves connurent une existence éphémère à la suite des protestations des riverains.

    Un autre Georges, Deltour, marqua également la vie du village. Instituteur en chef de l’école communale, il était la mémoire vivante de Bousval dont il écrivit l’histoire dans son livre « Si Bousval m’était conté » sorti en 1956. Les Bousvaliens y retrouvent leurs racines, ce qui explique le succès de cet ouvrage qui vient d’être réédité pour la deuxième fois en 2012.

    Du temps de notre jeunesse, les distractions n’étaient pas légion à Bousval. Cependant on se contentait de ce qu’on avait : des « tours secrets » à vélo, des parties de tennis de table au café Gossiaux (aujourd’hui l’En- Quête du Goût) et, par temps de neige, les descentes en traîneau qui nous menaient d’une traite de la chapelle du Try-au-Chêne aux portes du château ; c’était la côte Borremans du nom de l’ancien exploitant de la ferme de la Baillerie. Lors de la kermesse de Bousval, notre attraction favorite était les balançoires tenues, sur la place de la Gare, par un rouquin au visage de clown triste. Les plus audacieux faisaient le tour complet dans leur balançoire non sans avoir préalablement attaché leurs chaussures à une chaîne arrimée au plancher.

    Pendant les vacances d’été, nous allions coller des étiquettes sur les bouteilles (Ah, ce soda pétillant à l’ananas !) des Sources de Bousval appartenant à la famille du médecin du village, Marcel Dethier. Grand amateur de boxe, ce dernier nous emmenait à la salle de Genappe lorsque Marcel Limage y livrait un combat. La salle était comble pour voir boxer ce colosse, gloire locale de Bousval qui conquit le titre de champion d’Europe des mi-lourds chez les amateurs au début des années cinquante.

    Les appareils de télévision étaient très rares dans les familles à l’époque : aussi, quand il y avait un événement télévisé, on se retrouvait en nombre au café Patria (actuellement la Superette sur la place Communale). On assista ainsi au match de Coupe d’Europe, Standard – Stade de Reims, le 4 février 1959, remporté par les Liégeois sur le score de 2-0 mais au retour de ce quart de finale, les Français prirent leur revanche au Parc des Princes sur la marque de 3-0. On eut aussi l’occasion de supporter devant le petit écran de Patria, le Bousvalien Guy Coclet dont la grande culture générale lui permit de briller à un jeu télévisé, genre « Questions pour un champion »…

    Quant aux amateurs de sport, leur attente fut enfin récompensée en 1965 lorsque Serge Hendrickx et Jean- Pierre Deconinck créèrent un club de volley-ball. Ces pionniers jouèrent en plein air et par tous les temps sur la terre battue de la place Communale avant de trouver refuge dans la salle Gossiaux à la fin des années septante.

    Dix ans avant la création du club, c’est le cinéma Casino – autrefois le Winston – qui avait cédé la place à une pharmacie. Venu de Wavre, Eugène Pierre avait ouvert une officine à Bousval au début de la seconde guerre mondiale. Elle était située dans le haut du village à côté de la boucherie Richard et de la maison du docteur Marcel Dethier, aujourd’hui propriété d’Armand Delcampe, directeur de l’Atelier Théâtre Jean Vilar à Louvain-la-Neuve. Le bistrot du cinéma fut transformé en pharmacie et la salle en maison d’habitation. Une partie de l’immeuble fut abattue pour faire place à une grande cour. Quant à l’arrière du bâtiment, il fut aménagé en garage et en buanderie. Audessus de ceux-ci, subsista une salle que nous appelions « la cabine » puisque c’était de là que les films étaient projetés.

    Eugène Pierre était un pharmacien à l’ancienne. Entendez par là qu’il était de garde en permanence. Chaque dimanche matin, il ouvrait son officine pour permettre aux habitants des hameaux de faire d’une pierre, deux coups : assister à la messe et se procurer les médicaments dont ils avaient besoin. Quand on demandait au pharmacien Pierre les raisons pour lesquelles on venait sonner à sa porte la nuit, il répondait que la cause la plus fréquente était un biberon cassé. Il en donnait alors deux au client. « Comme cela, disait-il, la prochaine fois, vous ne me dérangerez plus la nuit… ».

    Source : Philippe Pierre Le Bousvalien 03/2013

     

     

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